Bourrer (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

XIV e siècle, au sens de « maltraiter » ; XVI e siècle, « remplir de bourre ». Dérivé de bourre.
1. Garnir, remplir un objet de bourre et, par ext., de toute autre matière, afin de lui donner de l'épaisseur, de la consistance. Bourrer le collier d'un cheval, le bât d'un âne. Bourrer de laine un matelas. Bourrer de duvet un coussin. Par anal. Bourrer une pipe, la remplir de tabac, en le tassant convenablement. Fam. Le poêle était bourré jusqu'à la gueule. Bourrer de linge une armoire, une valise. Un portefeuille bourré de billets de banque. La salle était bourrée de spectateurs. Spécialt. . Se dit d'un chien qui, en poursuivant un lièvre, lui donne un coup de dent et lui arrache du poil.


Faire des points de remplissage entre les tracés du motif pour donner du relief.
2. Fam. Faire absorber plus qu'il n'est raisonnable. Bourrer un enfant de gâteaux. Pron. Il se bourre de médicaments. Vulg. Être bourré, avoir trop bu, être ivre. Fig. Remplir, souvent avec excès. Une version bourrée de contresens. Cet enfant est bourré de défauts. Un ouvrage bourré de renseignements. Expr. Bourrer quelqu'un de coups, le battre, le rosser. Bourrer le crâne à quelqu'un, lui en faire accroire, l'abuser, ou le forcer à accumuler des connaissances inutiles. Il s'est laissé le crâne par des voisins médisants. Il s'efforce de le crâne à ses élèves.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Garnir de bourre. "Bourrer un fauteuil, un canapé."
Il signifie par analogie Remplir une chose d'une matière quelconque. "Bourrer de charbon un poêle. Bourrer de tabac une pipe," et absolument "Bourrer un poêle, une pipe."
Par extension, il signifie Remplir l'estomac au delà de ce qu'il peut contenir. "Bourrer un enfant de friandises. Se de gâteaux." Fig. et fam., "Bourrer quelqu'un de coups," et absolument "Bourrer quelqu'un."
En termes de Chasse, il se dit d'un Chien qui, en poursuivant un lièvre, lui donne un coup de dent et lui arrache du poil. "Le chien a bien bourré le lièvre."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Terme de chasse. Enlever du poil à un lièvre, se dit d'un chien qui, saisissant un lièvre, lui enlève du poil.

 2   Enfoncer la bourre d'une arme à feu. Son fusil partit au moment où il le bourrait.

 3   Frapper, maltraiter. Les soldats bourraient la foule à coups de crosse. On le bourra de coups de poing.
    Fig.
J. J. ROUSS.: « Je me mis à lui répondre avec assez d'assurance, et à le du mieux que je pus »
    Absolument. Bourrer quelqu'un, lui faire une verte réprimande, le maltraiter en paroles.

 4   Par extension et familièrement, faire manger avec excès. Bourrer un enfant de pâtisserie.
    Fig. Bourrer un enfant de grec et de latin, l'en surcharger, ne lui faire apprendre que du grec et du latin. Nous les bourrions de mathématiques.

 5   Se , v. réfl. Se gourmer réciproquement. Ils se bourraient vigoureusement.
    Manger de quelque chose avec excès. Il se bourre de gâteaux.

HISTORIQUE
    XVIème siècle
D'AUB.: « Si les refformez eussent bourré [chargé] les premiers comme ils prenoient le large au sortir des chemins.... »

ÉTYMOLOGIE
    Bourre.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE BOURRER. Ajoutez :

 6   Bien remplir. Bourrer une malle de linge.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Enfoncer la bourre dans une arme à feu que l'on vient de charger. "Bourrer un fusil, un pistolet, un canon. La baguette sert à ."
Il signifie quelquefois, figurément et familièrement, Faire manger de quelque chose avec excès. "Elle bourre son enfant de pâtisseries."
Il signifie de même, avec le pronom personnel, Manger de quelque chose avec excès. "Il s'est bourré de haricots, de pommes de terre, etc."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en termes de Chasse, se dit D'un chien qui, en poursuivant un lièvre, lui donne un coup de dent, et lui arrache du poil. "Le chien a bien bourré le lièvre."
Fig. et fam., "Bourrer quelqu'un," Lui donner des coups, le pousser avec la crosse d'un fusil: "Les gendarmes l'ont bourré;" et, par extension, Le maltraiter de coups ou de paroles: "Il voulait faire l'insolent, mais on l'a bien bourré." Avec le pronom personnel, "Ils se sont bien bourrés." On disait aussi, "Bourrer quelqu'un dans la dispute," Le presser vivement dans une discussion, en sorte qu'il ne sache que répondre: cette phrase a vieilli.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie neutralement, en termes de Manége, et se dit D'un cheval qui s'élance brusquement en avant, sans que le cavalier s'y attende et puisse l'en empêcher.



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


C'est mettre de la bourre après la charge dans les armes à feu. "Bourrer un fusil, un canon".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Bourrer, se dit aussi en parlant d'Un chien qui, en poursuivant un lièvre, lui donne un coup de dent, et lui arrache du poil. "Le chien a bien bourré le lièvre".
On dit figurément et familièrement, qu'"Un homme en a bien bourré un autie," pour dire, qu'Il lui a donné bien des coups avec le bout d'un fusil, qu'il l'a fort maltraité; et que "Deux hommes se" "sont bien bourrés," pour dire, qu'Ils se sont porté plusieurs coups de part et d'autre.
On dit aussi figurém. et familièrem. "Bourrer quelqu'un dans une dispute," pour dire, Le presser vivement, en sorte qu'il ne sache que répondre; et que, "Deux hommes qui se disputent ensemble se sont bien bourrés," pour dire, que De part et d'autre ils se sont bien attaqués et bien défendus.



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



C'est mettre de la bourre après la charge dans les armes à feu. "Bourrer un fusil, un canon."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



se dit aussi en parlant d'Un chien qui, en poursuivant un lièvre, lui donne un coup de dent, & lui arrache du poil. "Le chien a bien bourré le lièvre."
On dit figurément & familièrement, qu'"Un homme en a bien bourré un autre," pour dire, qu'Il lui a donné bien des coups avec le bout d'un fusil, qu'il l'a fort maltraité. Et que "Deux hommes se sont bien bourrés," pour dire, qu'Ils se sont portés plusieurs coups de part & d'autre.
On dit aussi figurément & familièrement, "Bourrer quelqu'un dans une dispute," pour dire, Le presser vivement, en sorte qu'il ne sache que répondre. Et que "Deux hommes qui disputent ensemble se sont bien bourrés," pour dire, Que de part & d'autre ils se sont bien attaqués & bien défendus.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

["Bou-ré", "r" f. 2e "é" fer. Devant l'"e" muet, la 1re est longue: il "boûrre", "il boûrrera".] 1°. Mettre de la boûrre après la charge, dans les armes à feu:
- 2°. En parlant des chiens de chasse, doner un coup de dent à un lièvre, et lui aracher du poil. Voy. BOURRADE.
- 3°. Au "figuré", ataquer, fraper; pousser quelqu'un dans la dispute: 'Ils "se" sont bien "bourrés": il vouloit s'avancer, les gardes l'"ont bourré": 'Je l'"ai" bien "bourré", et il ne savoit plus que répondre.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


N'a gueres d'usage au propre qu'en parlant d'un chien qui arrache du poil, de la bourre à un lievre en le mordant lors qu'il le poursuit, "Ce chien a bien bourré ce lievre".
Il sig. au fig. Battre, maltraitter. "Il a bien bourré son homme. ils ont mis l'espée à la main, & se sont bien bourrez".
Il signifie aussi, Pousser quelqu'un dans la dispute. "Je les ay oüy disputer, & ils se sont bien bourrez. un tel l'a bourré".




Emplacement dans le dictionnaire :

bourre
bourre-noix
bourreau
bourrée
bourrel
boûrrelé
bourrelé
bourreler
boûrreler

bourrette
bourrier
bourrin
bourrir
bourron
bourru
bourse
bourseau
bourser
bourses
boursette




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de CHAMPFLEURY (Les Aventures de Mademoiselle Mariette)

...lui offrait plus d'intérêt, et allait étudier, en flâneur, les tableaux, les gravures, les chinoiseries, les vieux meubles, qui se trouvent du côté opposé. Puis il retournait au nouvel étalagiste se bourrer de connaissances sans fatigue et sans argent : car la mémoire joue un grand rôle dans ces sortes d'inventaires qui se font à la minute, qui vous montrent un titre, un auteur inconnus, qui...


Citation n°2 de Louis-Sébastien MERCIER (Tableau de Paris : t. 5 à 8)

...parviendront à nous montrer une fête digne de la capitale et des sommes énormes que l'on dépense pour mécontenter ordinairement tout le monde, et accorder à la soldatesque le plaisir de bourrer la multitude. L'argent, le goût et les idées ne manquent point. Qui empêche donc qu'on ne voie une fête populaire que l'on puisse citer aux nations voisines ? CHAPITRE 497 rêves politiques. vous...


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